Adopté le 2 février, le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 acte une hausse significative des taxes liées au séjour et à la citoyenneté. Entre volonté de renflouer les caisses de l’État et durcissement de la politique migratoire, voici le détail de ce qui vous attend au guichet.
Le nouveau barème des titres de séjour et procédures de naturalisation française
L’article 30 du PLF 2026 modifie drastiquement le montant des taxes prévues par le CESEDA dans le cadre de la délivrance de titre de séjour et de procédure de naturalisation.
| Procédure | Ancien tarif | Nouveau tarif du PLF 2026 |
| Première demande de titre de long séjour ou de carte de résident | 200 euros | 300 euros |
| Demande titre de séjour étudiant et bénéficiaire du regroupement familial | 50 euros | 100 euros |
| Demande et renouvellement des autres types de titre de séjour | 25 euros | 50 euros |
| Droit de visa de régularisation pour les étrangers entrés sans visa sur le territoire | 200 euros | 300 euros dont 100 euros prélevés lors du dépôt du dossier et non remboursables en cas de refus. |
| Droit de timbre | 25 euros | 50 euros |
| Demande de naturalisation | 55 euros | 255 euros |
Exemple :
Pour renouveler une carte de résident aujourd’hui, l’addition passe de 225 € à 350 € (300 € de taxe + 50 € de timbre fiscal).
Outre la modification des taxes existantes, le budget 2026 prévoit aussi la création d’une taxe de 100 euros pour la délivrance et le renouvellement d’autorisation provisoire de séjour.
Un objectif budgétaire assumé…
Cette mesure s’inscrit dans une gestion rigoureuse des finances publiques : elle devrait permettre de générer 160 millions d’euros de recettes supplémentaires.
Pour le gouvernement, cette mise à jour tarifaire répond avant tout à un besoin de cohérence avec nos voisins. L’exécutif souhaite aligner les droits de timbre français sur la moyenne constatée au sein de l’Union européenne, garantissant un système plus homogène à l’échelle du continent.

Une réforme sous le feu des critiques
Dans un communiqué diffusé au lendemain de l’adoption de cette mesure, la Cimade dénonce le montant exorbitant de ces taxes pourtant destinées à des publics souvent précaires. À cela s’ajoutent la complexité des démarches dématérialisées, la rareté des rendez-vous en préfecture et les délais d’instruction excessifs qui n’arrangent pas leur situation.
“Ces montants associés aux effets des dysfonctionnements administratifs constituent de réels freins à la régularisation et au maintien du droit au séjour pour des personnes qui en remplissent les conditions”, peut-on lire dans cette note du 3 février 2026.
Côté politique, l’opposition ne compte pas en rester là. Le député socialiste Arthur Delaporte a déjà annoncé vouloir contester cette mesure qui “vient réduire les droits des étrangers” devant le Conseil constitutionnel.
Ce qu’il faut retenir pour vos prochaines demandes de titre de séjour ou de naturalisation
Si vous entamez des démarches dans les prochains mois, gardez en tête ces paramètres :
- le paiement de la taxe principale et celui du timbre fiscal ne sont pas dissociables quelle que soit la demande,
- 100 euros sont à payer dès le dépôt de dossier de demande de titre de séjour pour les étrangers entrés irrégulièrement en France,
- la demande et le renouvellement d’autorisation provisoire de séjour est désormais payant (100 euros),
- les frais liés aux demandes de titre de séjour et de naturalisation ne sont pas remboursables en cas de refus,
- le niveau A2 du français est requis pour l’obtention d’une carte pluriannuelle, B1 pour une carte de résident et B2 pour la nationalité française,
- la réussite à un examen civique est obligatoire pour toute demande de naturalisation, de carte de résident et de carte de séjour pluriannuelle.
Notre conseil : Face à la hausse des prix, la complexité croissante des critères et des démarches, l’accompagnement d’un avocat spécialisé en droit des étrangers est plus que jamais recommandé pour sécuriser votre dossier, qu’il s’agisse d’une demande de titre de séjour ou de naturalisation.