L’année 2025 restera dans les annales. La France a délivré plus de 380 000 premiers titres de séjour, validé plus de 955 000 renouvellements, et compte près de 4,5 millions de cartes de séjour actives. Entre afflux d’étudiants, enjeux humanitaires et migrations géopolitiques, les derniers chiffres de la DGEF révèlent des records historiques pour l’Hexagone.
384 230 premiers titres de séjour délivrés
Jamais l’administration française n’avait accueilli autant de ressortissants étrangers sur son territoire. Avec 384 230 premiers titres de séjour accordés, le pays atteint un nouveau sommet.
D’après le rapport de la DGEF publié le mardi 27 janvier, cette hausse de 11,2% s’explique par l’arrivée massive :
- d’étudiants étrangers (117 970),
- de bénéficiaires de la protection subsidiaire (35 000)
- d’étrangers malades (2930)
- de réfugiés et apatrides (54 230).
L’évolution la plus spectaculaire concerne les Ukrainiens, dont le nombre a quadruplé en un an : 14 400 nouveaux titres, soit 306 % de plus que l’année dernière. Les Afghans suivent également la tendance, avec 18 000 premières cartes attribuées, ce qui équivaut à 5 656 de plus qu’en 2024.
Par contre, un mouvement inverse se dessine du côté du Maghreb. Si cette région reste le principal bassin migratoire vers la France depuis 2017, la Direction générale des étrangers en France constate un léger ralentissement de 2,3% pour le Maroc et de 6,2% pour la Tunisie.

Cap vers le million pour les renouvellements
En 2025, le renouvellement des titres de séjour a frôlé la barre symbolique du million, avec 955 080 demandes validées contre 887 715 l’an dernier.
La famille reste le motif principal (366 000 titres), suivie de près par les motifs économiques, étudiants et divers qui totalisent plus de 542 000 validations.
En revanche, les renouvellements de cartes de séjour pour motif humanitaire enregistrent une baisse de 0,4%, passant de 46 481 en 2024 à 46 300 en 2025.
Près de 4,5 millions de titres de séjour actifs : un chiffre qui fait polémique
Au total, la Direction générale des étrangers en France enregistre 4 470 970 de titres de séjour en cours de validité à la fin de l’année 2025. Ce chiffre, égal à 8,1% de la population adulte sur le territoire, est fortement critiqué par la droite qui fustige l’absence de volonté du Président de la République de reprendre le contrôle de l’immigration.
Pour Jordan Bardella, cette dynamique ferait peser un risque majeur sur l’identité nationale. Le président du Rassemblement national promet un net changement de cap en cas d’alternance politique, affirmant vouloir enrayer ce qu’il qualifie de « hausse incontrôlée ».
Bruno Retailleau, patron des Républicains, milite pour une rupture des accords franco-algériens et un contrôle migratoire exclusif du ministère de l’Intérieur.
Face à ce constat jugé préoccupant sous l’ère Macron, Gérald Darmanin propose une mesure radicale. Pour « stopper l’hémorragie », le ministre de la Justice plaide pour une suspension complète de l’immigration régulière sur une période de deux à trois ans.