Seine-Saint-Denis : enseignants et collectifs mobilisés à Bobigny pour les élèves sans papiers

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Face au durcissement des politiques migratoires et à l’expulsion d’un lycéen au Raincy, la communauté éducative de Seine-Saint-Denis se mobilise. Entre dénonciation des OQTF et demande de régularisation, retour sur le rassemblement du 13 février à Bobigny pour la protection des élèves étrangers.

Une expulsion à l’origine d’une onde de choc à Bobigny

Le vendredi 13 février 2026, les abords de la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) à Bobigny ont pris des airs de tribune politique et sociale. Sous une pluie battante, une centaine de manifestants se sont réunis pour crier leur indignation à la suite de l’expulsion d’un élève du Raincy vers le Maroc.

Si l’ambiance était calme et la manifestation encadrée par les autorités policières, le message était clair et sans équivoque : les élèves avec ou sans-papiers ont tous droit à l’éducation. Enseignants, syndicalistes, militants du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et parents d’élèves n’ont pas hésité à exprimer leurs inquiétudes.

Le durcissement des lois met les élèves dans une grande précarité. Ils ne peuvent pas se projeter, ni accéder à certaines formations “ a souligné Mona, membre du RESF, évoquant les difficultés rencontrées par les élèves dans leur quête de régularisation.

Quant à Tristan, un professeur de français-histoire-géographie au lycée Théodore Monod à Noisy-le-Sec, il indique que les élèves étrangers présents sur le territoire sont de plus en plus victimes de répression.On a besoin d’accompagnement, pas seulement de mesures sécuritaires” a-t-il déploré.

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L’expulsion de jeunes majeurs : un frein brutal au parcours scolaire

Le droit à l’éducation est un droit fondamental, mais pour les élèves étrangers, le passage à la majorité transforme souvent le rêve du cursus universitaire ou d’un avenir professionnel en un parcours du combattant administratif.

Lors du rassemblement, les organisateurs ont pointé du doigt les parcours de régularisation « complètement stoppés ». Pour de nombreux jeunes majeurs, l’obtention d’un titre de séjour devient quasi impossible face à l’engorgement des préfectures et à la sévérité des nouvelles directives introduites par la loi Darmanin et la circulaire Retailleau.

Jusqu’alors protégés en tant que mineurs, ces jeunes basculent dans le droit commun des étrangers dès leurs 18 ans. Faute de titre de séjour, ils peuvent faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), compromettant brutalement leur parcours scolaire et leur avenir.

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La précarité administrative : quel impact pour les lycéens de Seine-Saint-Denis ?

Sur le terrain, les témoignages des personnels éducatifs s’avèrent alarmants. Les enseignant décrivent une réalité amère : celle d’élèves dont l’assiduité et les performances chutent sous le poids de la peur d’une OQTF.

Mona, conseillère principale d’éducation à Saint-Denis, souligne les conséquences invisibles de la situation administrative précaire des élèves étrangers :

  • Santé mentale dégradée : Stress chronique lié à l’incertitude du lendemain.
  • Impossibilité de se projeter : Difficulté d’accès aux stages et aux formations en alternance faute d’autorisation de travail.
  • Décrochage scolaire : Sentiment d’injustice face à un avenir barré malgré l’obtention des diplômes.

 

De son côté, Marion, une militante du collectif Inter Lycée 93, estime que les élèves ne sont plus capables de suivre correctement leurs études tant l’angoisse de l’absence de perspectives d’avenir sur le sol français est persistante.

Un cadre législatif de plus en plus restrictif

La mobilisation de Bobigny s’inscrit dans un contexte de tension législative large.

Les manifestants ont vivement critiqué la loi asile-immigration du 27 janvier 2024 ainsi que la circulaire Retailleau entrée en vigueur l’année suivante. Ils accusent notamment ces feuilles de route de durcir les conditions d’accueil et de faciliter les éloignements, même pour les profils intégrés et scolarisés.

Blandine, porte-parole de l’intersyndicale (CGT, FSU, Sud Éducation, CNT), a rappelé l’exigence de « sanctuariser le droit de finir sa scolarité et de protéger les élèves des OQTF ». 

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Quelles perspectives pour les élèves sans papiers en Seinne-Saint-Denis?

Les collectifs mobilisés à Bobigny formulent plusieurs revendications :

  • la régularisation des étudiants étrangers sans-papiers,
  • la nécessité des institutions scolaires à faciliter les démarches administratives,
  • et la garantie d’un accès digne aux droits fondamentaux.

 

Pour l’heure, les perspectives restent incertaines selon les manifestants présents sur les lieux. Les échanges se sont multipliés autour des obstacles rencontrés pour décrocher un titre de séjour, un rendez-vous en préfecture, etc.

Les témoignages font état d’élèves prometteurs, mais fragilisés par l’angoisse liée à leur avenir incertain. D’autres personnes décrivent des familles entières suspendues à une attente interminable.

Dans ce contexte, les mobilisations locales apparaissent comme un levier essentiel pour faire émerger des solutions au cas par cas. Pour Mona, la question ne se limite pas à l’obtention rapide de résultats tangibles. À ses yeux, l’essentiel réside ailleurs : « Je ne sais pas si cela fera bouger les choses, mais c’est un devoir. Chaque mobilisation a son importance », affirme-t-elle à la fin du rassemblement.

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Ce que prévoit le droit des étrangers pour les étudiants sans-papiers

D’un point de vue juridique, la situation des élèves sans papiers reste marquée par une grande fragilité. Être inscrit dans un établissement scolaire ne garantit pas l’obtention d’un titre de séjour. Des justificatifs de ressources financières supérieures ou égales à 615 euros par mois sont notamment requis pour espérer une régularisation.

Toutefois, des dispositifs existent. Les élèves peuvent solliciter une régularisation au titre de leur vie privée et familiale ou dans le cadre d’une admission exceptionnelle au séjour selon leur situation. Ces demandes sont examinées au cas par cas par les préfectures, qui disposent d’un large pouvoir d’appréciation.

En parallèle, il est important de se rappeler que chaque refus s’accompagne désormais d’une OQTF. Une telle mesure peut être contestée devant le tribunal administratif, notamment par le biais d’un recours en annulation assorti d’une demande de suspension en urgence (référé). Dans le cas des étudiants étrangers de Bobigny visés par une OQTF, par exemple, la procédure est à effectuer auprès du tribunal administratif de Montreuil au 7 rue Catherine Puig.

Cela dit, ces procédures sont techniques et délicates. L’accompagnement d’un avocat en droit des étrangers aguerri est indispensable pour maximiser les chances de succès.

Exemple : Amal, étudiant marocain à Bobigny, s’est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour et a reçu, à la place, une OQTF. Avec l’appui d’un avocat, il a saisi le tribunal administratif de Montreuil en référé-suspension et en annulation pour faire valoir son droit au séjour et démontrer le caractère injustifié du rejet. Aux termes de la saisine, le juge lui a donné raison, annulant la mesure et enjoignant à la préfecture de lui délivrer un titre de séjour, au regard de sa situation conforme aux critères de régularisation.

FAQ

Pour obtenir un titre de séjour étudiant en France, vous devez être :

  • inscrit dans un établissement public ou privé d’enseignement supérieur de formation initiale,
  • ou inscrit dans un organisme de formation professionnelle supérieure
  • et en mesure de justifier de ressources financières supérieures à 615 euros par mois.

Vous devez être diplômé, avoir une autorisation de travail et signer un CDI ou CDD en lien avec votre formation pour passer d’un titre de séjour étudiant à salarié en France.

Le renouvellement d’une carte de séjour étudiant à Bobigny s’effectue dans un délai de 4 à 2 mois avant l’expiration du titre. 

Les services préfectoraux de Bobigny vous enverront un SMS indiquant la disponibilité de votre titre de séjour si votre demande est acceptée. Par la suite, il vous faudra fixer un rendez-vous auprès de la préfecture pour procéder au retrait.

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