Au mois de janvier 2026, Gérald Darmanin, ministre de la Justice aux ambitions présidentielles de moins en moins voilées, a proposé la suspension de l’immigration légale en France pour une durée de 2 à 3 ans. Un virage à 180 degrés qui suscite plus d’enthousiasme que de rejets.
Gel de l’immigration par le travail et le regroupement familial pour 2 à 3 ans
Invité sur le plateau de LCI le 25 janvier 2026, Gérarld Darmanin exprime son souhait d’instaurer un moratoire de 2 à 3 ans sur les flux migratoires réguliers.
Cette mesure est née du constat du ministre de la Justice sur la situation actuelle qui est contradiction avec l’objectif affiché. Vouloir réduire l’immigration tout maintenant une demande accrue de la main-d’oeuvre étrangère relève de « l’hypocrisie » pour le garde des Sceaux. D’autant plus que le chômage sur le territoire atteint un taux de 7,9% en fin 2025.
Cette pause ne s’appliquerait que dans le cadre du regroupement familial et du travail. Les profils d’excellence – notamment les chercheurs, les médecins et quelques étudiants talentueux- pourraient conserver leur ticket pour la France.
Une politique de quotas et une augmentation des salaires comme contreparties
En contrepartie de cette “suspension”, le garde des Sceaux avance l’idée d’une revalorisation salariale ciblée. La raréfaction de la main-d’œuvre étrangère aurait pour effet d’inciter les employeurs à rendre certains secteurs “peu attractifs” financièrement plus compétitifs. L’objectif est de favoriser l’accès durable à l’emploi, tant pour les Français que pour les ressortissants étrangers déjà en situation régulière.
En complément, Gérarld Darmanin plaide pour une politique migratoire de quotas définis en concertation avec la population française à l’issue de la période de 2 ou 3 ans prévue pour le gel. S’il reste opposé à une régularisation massive, il admet des exceptions pour les travailleurs sans casier judiciaire et les personnes persécutées dans leur pays d’origine. Le ministre de la Justice rappelle néanmoins qu’une telle réforme supposerait une révision de la Constitution.

Moratoire Darmanin : l’opinion publique en phase, l’opposition en feu
Bien que restée au stade de proposition, l’initiative du ministre de la Justice résonne fortement dans une France en proie au doute identitaire.
Selon un sondage publié par CNews, pas moins de 67 % des Français de 18 à 64 ans se disent favorables à cette suspension temporaire de l’immigration, avec une adhésion particulièrement marquée chez les femmes (69%).
Selon LeFigaro, beaucoup auraient une “mauvaise opinion” de la politique migratoire actuelle à la lumière des données récentes de la DGEF faisant état d’un nouveau record de 4,5 millions de cartes de séjour valides à la fin de l’année 2025.
Si le soutien populaire semble acquis, la classe politique, elle, reste divisée. La mesure fait quasiment le plein avec 95 % de soutien chez les électeurs du Rassemblement National et de Reconquête, suivis de près par Les Républicains (87 %).
Le camp d’Emmanuel Macron apparaît plus nuancé. Si 63 % des partisans de Renaissance valident la mesure, ce taux tombe à 58 % à l’échelle de l’ensemble des soutiens du Président de la République.
En revanche, le projet se heurte à un rejet majoritaire du côté de la gauche. 58 % des Insoumis, 60 % des électeurs socialistes et 66 % des écologistes se disent défavorables à ce gel de l’immigration légale.