Dix ans de vie effacés par un refus implicite d’admission au séjour

refus d'admission au séjour

Lorsque Fabien quitte Bamako, la capitale malienne, en 2013 pour s’installer à Versailles, il ne cherche pas un refuge temporaire, mais une terre d’avenir. Ce qui devait être quelques années de construction s’est transformé en une décennie entière passée entre les murs de la ville royale. Mais un refus implicite d’admission au séjour vient tout chambouler. Le fruit du courage et de la détermination Les premières années de Fabien sur le territoire français ont été les plus ardues, mais sa détermination a payé. Il a rapidement décroché un emploi stable dans une société de nettoyage, passant d’un CDD à un CDI. Ses fiches de paie, alignées sur plus de huit ans, dessinent le portrait d’un travailleur sérieux et engagé. L’intégration de Fabien dans la cité phocéenne allait bien au-delà du cadre professionnel. Il s’était noué d’amitié avec ses voisins, ses collègues étaient devenus sa famille… Son entourage le considérait comme quelqu’un de fiable qui est toujours prêt à rendre service.  Le défi : un silence qui dénigre une vie  Dix ans après son arrivée à Versailles, Fabien dépose sa demande d’admission au séjour auprès de la préfecture. Il pense que la simplicité de son parcours parlera d’elle-même. Au fil du temps, l’attente s’est muée en une source d’angoisse et d’anxiété. L’administration ne lui donnait aucune réponse, même 4 mois après le dépôt de son dossier de demande, ce qui a donné lieu à un refus implicite.  Fabien était complètement choqué par cette issue. Comment admettre que la vie qu’il a si patiemment construite puisse être réduite en poussière ? Devait-il quitter le pays de lui-même ou attendre que l’administration l’expulse ? Aucune de ces options ne lui convenait.  La reconnaissance de ses droits Refusant de voir sa vie brisée par un simple silence administratif, Fabien prend la décision de se battre pour sa dignité. Il sollicite le cabinet d’avocats spécialisés en droit des étrangers pour annuler ce refus et faire valoir ses droits.  Après une première demande d’explication à la préfecture qui est restée sans réponse, il saisit le tribunal administratif pour démontrer l’absence de motivation du rejet et le défaut d’appréciation du cas de son client.  Le verdict tombe après des jours d’audience : le juge ne se contente pas d’annuler la décision préfectorale. Il reconnaît la solidité du parcours de Fabien et ordonne la délivrance d’une carte de séjour qui convient à sa situation et la somme de 1000 euros pour couvrir ses frais de justice. Pour Fabien, cette victoire était bien plus qu’une issue favorable. C’est la reconnaissance officielle de son appartenance à la France. À Versailles, là où son long voyage a commencé, il peut enfin envisager l’avenir, non plus comme un projet incertain, mais comme une réalité établie.

Le courage de Nabil face à un refus de renouvellement de titre de séjour

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Nabil n’avait que 17 ans quand il a posé le pied à Paris, sous couvert d’un VLS-TS étudiant. Avec une valise légère, mais le cœur rempli d’espoirs, il avait quitté le Mali pour retrouver sa mère, déjà installée dans le 18ᵉ arrondissement. Si son combat pour s’intégrer et se régulariser était rude, la chaleur du foyer familial et son courage lui ont donné la force de tenir. Six ans pour s’intégrer et se régulariser Dès son arrivée dans la Ville Lumière, Nabil s’accroche à l’espoir d’un avenir serein et stable. Il apprend le français, poursuit son cursus universitaire, trouve des petits boulots, se fait des amis… Bref, il construit sa vie petit à petit, prouvant son ancrage jour après jour.  Les études et le travail rythmaient son quotidien tandis que les moments familiaux et entre amis l’égayaient. Tout lui semblait parfait.  Des mois d’incertitude Comme chaque année, Nabil a demandé le renouvellement de son titre de séjour auprès de la préfecture de police parisienne. Pour lui, cette requête n’était rien de plus qu’une simple formalité. Il était loin d’imaginer le refus implicite qui allait tout remettre en question. La réalité le rattrape lorsqu’il constate que la préfecture n’avait toujours pas répondu à sa requête des mois après le dépôt de son dossier. Une fois le délai réglementaire écoulé, le silence s’était transformé en rejet, plongeant ce jeune sénégalais dans une incertitude abyssale.  L’espoir renaît avec la justice Loin de s’avouer vaincu, Nabil se tourne vers le cabinet d’avocats en droit des étrangers et lui confie son dossier. Après examen de son dossier, celui-ci envoie une demande d’explication à la préfecture, mais le silence persiste. Face à cette inertie, le cabinet saisit le tribunal administratif pour faire valoir le droit au séjour de son client.  Quelques semaines plus tard, la justice tranche : le refus était infondé. Nabil obtient enfin le titre de séjour auquel il avait droit, accompagné d’une indemnisation de 1 000 euros pour compenser ses frais de justice.En plus de récompenser des années de persévérance, d’efforts et d’intégration, ce verdict rend à Nabil la sérénité et la dignité qu’il n’aurait jamais dû perdre. 

Admission au séjour : une victoire méritée pour Karim

admission au séjour

À Nice, le soleil brillait comme un symbole d’espoir retrouvé pour Karim, un Algérien de 36 ans installé en France depuis plus de huit ans. Derrière son sourire discret se cache pourtant une longue bataille contre l’injustice administrative, celle d’un refus implicite d’admission au séjour.  Huit années de patience et d’efforts d’intégration En quête d’une vie sereine et stable, Karim a quitté l’Algérie pour s’installer en France en 2015. Il pose ses valises à Nice, séduit par la douceur méditerranéenne et la promesse d’un nouveau départ.  Peu à peu, il apprend la langue, trouve du travail dans le bâtiment et se lie d’amitié avec ses voisins. Chaque jour, il s’efforce de construire sa place dans cette ville qu’il considère désormais comme la sienne. Marié à Amel, une Niçoise au grand cœur, il mène une vie simple, rythmée par le travail, les repas partagés en famille et les balades sur la Promenade des Anglais.  Tout semblait calme et serein — jusqu’à ce qu’un silence administratif vienne bouleverser son équilibre.  Une demande restée sans réponse Au mois d’août de l’année 2023, Karim prend son courage à deux mains et dépose sa demande d’admission au séjour à la préfecture de Nice, située au 147, boulevard du Mercantour. Il se renseigne, rassemble les documents nécessaires et réalise les démarches à la lettre. Malheureusement, aucune réponse ne lui était parvenue après des semaines d’attente. Ce silence s’était transformé en refus implicite une fois le délai réglementaire de 4 mois dépassé.  Mais, ce n’était pas dans la nature de ce ressortissant algérien de baisser les bras.  Il décide donc de confier son dossier au cabinet d’avocats spécialisés en droit des étrangers. “Je ne demandais pas la charité, seulement la reconnaissance de ma place ici”, confia-t-il, la voix posée, mais ferme.  Le tribunal tranche : justice et dignité  Après une analyse approfondie de la situation de Karim, le cabinet décide d’envoyer une demande d’explication de ce rejet aux autorités préfectorales. Ces dernières, fidèles à elles-mêmes, se sont murées dans le silence.  C’est alors que le cabinet a décidé de porter l’affaire en justice. Il saisit le tribunal administratif en introduisant un recours contentieux. Le parcours comme la situation de Karim était étayé dans les moindres détails. Les pièces justificatives faisaient office de preuves, attestant sa requête, son intégration ainsi que l’absence de motivation de la décision préfectorale et le défaut d’appréciation de son dossier. À l’issue de la saisine, le juge a décidé de trancher en sa faveur, lui accordant une carte de séjour adaptée à sa situation. Karim s’est également vu recevoir la somme de 1000 euros en guise d’indemnisation pour ses frais de justice.  Pour lui, cette victoire va bien au-delà du cadre administratif. “Ce n’est pas juste un papier, c’est la reconnaissance de mon histoire, de mes efforts”, disait-il. Autour de lui, Nice continue de briller, et pour la première fois depuis longtemps, son avenir aussi.

Deal de la Manche : l’accord franco-britannique “one in, one out” appliqué depuis mi-septembre

traversées de la Manche

Entré en vigueur le 05 août 2025 et appliqué en mi-septembre, l’accord franco-britannique sur l’immigration vise à dissuader les traversées périlleuses dans la Manche. Instaurant le principe “one in, one out”, il prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni en échange de l’accueil d’un autre migrant se trouvant dans l’Hexagone.  Augmentation croissante des traversées périlleuses de la Manche Chaque année, des milliers de migrants bravent les eaux glacées de la Manche à bord de frêles embarcations, espérant atteindre les côtes britanniques.  En 2024, plus de 67 000 traversées illégales ont été recensées, la plupart orchestrées par des réseaux de passeurs toujours plus organisés. Un chiffre en constante augmentation, qui illustre l’ampleur du phénomène et sa dangerosité.  Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ces tentatives ont coûté la vie à au moins 355 personnes depuis 2014, avec un record de 85 décès et disparitions en 2024. Une tragédie humaine qui continue de s’aggraver, malgré les dispositifs de contrôle renforcés des deux côtés du détroit.  Au début de l’année 2025, le Royaume-Uni comptait déjà plus de 25 400 migrants arrivés de la Manche sur des petits bateaux.  L’accord franco-britannique de juillet 2025 comme outil de dissuasion Face à la situation, la France et le Royaume-Uni ont décidé d’unir leurs forces.  Lors de la visite d’État du président français Emmanuel Macron à Londres au mois de juillet 2025, les deux pays ont scellé un accord inédit prévoyant un système d’échange de migrants à leurs frontières.  L’objectif est simple : dissuader les traversées illégales et démanteler les réseaux de passeurs.  Les modalités du dispositif “one in, one out” Cet accord franco-britannique repose sur le principe “one in, one out”. Concrètement, le gouvernement britannique pourra arrêter et renvoyer vers la France tout individu arrivant au Royaume-Uni en traversant la Manche en small boat, sauf s’il est éligible à l’obtention d’une protection internationale ou est un mineur non accompagné.  À la suite de quoi, la personne concernée se verra recevoir un visa de 3 mois. Elle devra, par la suite, demander l’asile ou un titre de séjour. Le renvoi se fait dans un délai de 14 jours et les frais de transport sont à la charge du Royaume-Uni. En revanche, les réadmissions en France ne garantissent pas le droit au séjour. Le ministère de l’Intérieur français précise qu’ils relèveront strictement du droit commun.  En contrepartie de ce renvoi vers la France, le Royaume-Uni s’engage à accueillir un migrant se trouvant dans l’Hexagone sous certaines conditions. Le concerné, en plus de n’avoir jamais traversé la Manche, doit :  Le dispositif “one in, one out” appliqué depuis la mi-septembre C’est entre le 18 et le 19 septembre que les premiers exilés du Royaume-Uni ont atterri sur le sol français.  Parmi eux, Ahmed, originaire de Syrie, arrivé à Calais durant le mois d’août 2025. “Il fait froid, nous avons besoin d’une tente, d’un endroit pour dormir. Tous les jours, la police vient et prend tout” a déclaré le trentenaire interviewé par le média Ici.  Le ressortissant relate au média les tragédies rencontrées lors de sa traversée de la Manche à bord d’un Zodiac, un bateau pneumatique de type semi-rigide. “Dans mon bateau, trois personnes sont décédées… Ils ne sont pas morts dans l’eau, mais dans le bateau, parce qu’il y avait trop de monde… Il y avait de l’eau et de l’essence au fond du bateau”a-t-il déclaré.  Une mesure dénoncée par la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme Cette mesure, bien qu’elle ait été approuvée par la Commission européenne, suscite de vives controverses.  La Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) le dénonce comme un texte contraire aux engagements internationaux de l’Hexagone et attentatoire aux droits des personnes migrantes. Elle considère le dispositif “one in, one out” comme un cynique échange d’êtres humains, soulignant le manque de clarté et le caractère discriminatoire des conditions d’entrée au Royaume-Uni. Dans une déclaration datant du 14 octobre 2025, la CNCDH déplore également la complexité des démarches relatives à la demande de transfert vers le Royaume-Uni. “Les requérants doivent remplir un formulaire en ligne, disponible uniquement en anglais, fournir un numéro de téléphone personnel, joindre une pièce d’identité et une photo. Sans smartphone, la tâche s’avère complexe” peut-on lire dans le document.  De son côté, le Premier ministre britannique Keir Starmer se réjouit de cet accord. “C’est le résultat de mois de diplomatie adulte qui a produit de vrais résultats pour le peuple britannique” a-t-il expliqué. Il promet également l’intensification du processus.

2024 : la France intensifie sa lutte contre l’immigration irrégulière

lutter contre l’immigration irrégulière

Entre contrôles renforcés, interpellations record et expulsions en hausse, 2024 marque un tournant dans la politique migratoire française. Les sans-papiers vivent désormais sous une surveillance accrue, symbole d’une stratégie gouvernementale plus ferme.  147 154 sans-papiers interpellés en 2024 La lutte contre l’immigration irrégulière bat son plein depuis 2024. Partout en France, les opérations menées par les forces de l’ordre se multiplient, ciblant les étrangers sans-papiers.  Selon la Direction générale des étrangers en France, 147 154 personnes ont été interpellées au cours de l’année — soit une hausse de 18,9 % par rapport à 2023. Une progression spectaculaire qui illustre la montée en puissance des contrôles et la volonté du gouvernement d’afficher des résultats concrets sur le terrain. Cette traque de sans-papiers continue à ce jour et s’étend aussi sur les collectivités d’outre-mer. Le 14 octobre 2025, le service de police aux frontières de Saint-Martin ont pu intercepter 97 personnes et 46 véhicules en seulement une demi-heure. Deux étrangers ont reçu une obligation de quitter le territoire et un a été assigné à résidence. Explosion des sorties du territoire depuis 2020 Les sorties du territoire de ressortissants étrangers en situation irrégulière s’enchaînent à grande vitesse depuis l’année 2020. Cette année-là, la Direction générale des étrangers en France recensait 15 949 éloignements.  En 2024, le chiffre grimpe à 27 791, soit une envolée de 74,4 %. Comparée à l’année précédente, qui en dénombrait 22 704 sorties, l’augmentation reste marquée : 26,7 % de plus, preuve que la “machine” à expulsion tourne à plein régime.  Les dessous de cette hausse des éloignements du territoire Cette hausse constante s’explique par de nombreuses raisons.  Les éloignements spontanés Ce sont principalement les éloignements spontanés qui tirent ces chiffres à la hausse, avec un taux de 66,8% de plus qu’en 2023.  Ces départs concernent les étrangers en situation irrégulière qui, après avoir reçu une OQTF, décident de quitter la France volontairement, sans contrainte policière ni aide de l’État.  Selon les statistiques de la Direction générale des étrangers en France, ils étaient au nombre de 4 159 en 2024, dont 3034 originaires de pays tiers et 225 d’Europe.  Les éloignements aidés Les éloignements aidés nourrissent aussi cette croissance du nombre des sorties du territoire, atteignant 4 586 cas en France métropolitaine au cours de l’année 2024.  Ce type de départ concerne les ressortissants sous OQTF qui choisissent de rentrer dans leur pays d’origine avec un coup de pouce de l’Ofii. En plus d’une aide administrative et matérielle, cela inclut : Au cours de l’année 2024, l’Ofii a accordé 6908 aides au retour, soit une légère hausse de 2,6% par rapport à l’année précédente. Ce chiffre inclut les aides accordées aux étrangers en France et dans les DOM/COM. Les éloignements forcés Parmi les 27 791 éloignements recensés en 2024, 12 856 ont été réalisés sous la contrainte. Autrement dit, près d’une personne sur deux a été expulsée contre sa volonté. Si le volume reste impressionnant, la hausse demeure plus modérée : +9,7 % par rapport à 2023, où l’on comptait 11 722 départs forcés. Ce type de mesure intervient généralement après une décision administrative ou judiciaire, le plus souvent à la suite d’un arrêté préfectoral d’expulsion (APE), d’un arrêté ministériel d’expulsion (AME) ou d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Chaque procédure répond à un motif précis — trouble à l’ordre public, séjour irrégulier, condamnation pénale — et relève d’une autorité différente, du préfet au ministre de l’Intérieur.  Voici un tableau descriptif pour vous permettre d’en apprendre davantage sur le sujet.  APE AME OQTF Décideur Préfet du lieu de résidence ou du département où se situe l’établissement pénitencier Ministre de l’Intérieur Préfet du lieu de résidence Motifs  – Comportements terroristes,– Actes de provocation délibérée à la discrimination,– Incitation à la haine– Actes de violence– Violation délibérée et grave des principes républicains– Condamnation pour crimes et délits ou récidive– Situation de polygamie– Irrégularité du séjour – Menace pour la sûreté de l’État ou la sécurité publique– Atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État,– Violation des principes de la République,– Activités terroristes – Irrégularité de séjour– Exercice d’une activité professionnelle sans autorisation– Menace pour l’ordre public– Refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour pour fraude – Risques de fuite Départ Le départ est immédiat. Dans le cas contraire, l’étranger est placé en CRA le temps que l’administration prépare son retour vers :– son pays d’origine,– un pays qui lui a octroyé un document de voyage valide,– un pays où il est accepté. L’étranger est forcé à monter dans un moyen de transport et est escorté par les forces de l’ordre tout au long du voyage.  L’étranger doit quitter l’Hexagone par ses propres moyens.  Dans le cas contraire, l’administration française organisera son départ. Il pourra alors être envoyé vers :– son pays d’origine,– le dernier pays qui lui a délivré un document de séjour valide– ou un pays dans lequel il est admis.  Recours possibles Deux recours possibles : – recours en annulation devant le tribunal administratif compétent– et recours en abrogation auprès de l’administration donnant lieu au réexamen de la mesure d’expulsion. L’appui d’un avocat en droit des étrangers est indispensable. Recours gracieux auprès de la préfecture ou hiérarchique devant le ministre de l’Intérieur. Recours contentieux auprès du tribunal administratif dans un délai :– d’un mois en cas d’OQTF avec un délai de 30 jours– de 48 h en cas d’OQTF assortie d’un placement en CRA– de 7 jours en cas d’OQTF avec assignation à résidence. 2024 : les non-admissions à la frontière en chute libre et les réadmissions décuplées Outre la hausse des éloignements du territoire et la traque des sans-papiers, l’année 2024 est aussi marquée par la chute libre des non-admissions à la frontière. Pour rappel, cette décision administrative est prise par un garde-frontière à l’encontre d’un immigré ne remplissant pas les conditions d’entrée dans l’espace Schengen ou en France.  La Direction générale des étrangers en France en a recensé 16 636 cas en 2024, soit moins de 79% par rapport à 2023 (79318). À l’inverse, les

Suroccupation des logements : le quotidien étouffant des immigrés en France 

suroccupation de logements

Près d’un immigré sur quatre vit aujourd’hui dans un logement suroccupé, selon le rapport “infos migrations “ publié par la Direction générale des étrangers en France le 19 septembre 2025. Derrière ce chiffre alarmant se cachent des conditions de vie souvent précaires, où le manque d’espace devient un frein à la sérénité, à la stabilité et à l’intégration.  57 % de chance en plus pour les immigrés de se retrouver dans des logements trop petits Selon la Direction générale des étrangers en France, les immigrés sont bien plus touchés par la suroccupation des logements que les personnes nées en France, dont seulement 5,1 % vivent dans cette situation. Le dernier rapport Infos migrations souligne que les ressortissants étrangers, notamment ceux nouvellement installés sur le territoire, ont 57 % de chances en plus de se retrouver avec un logement exigu (un studio pour une personne à une habitation de 40 à 60 m² pour un ménage de quatre personnes en moyenne). Cette réalité est particulièrement marquée dans les zones fortement urbanisées : Il est à noter que le taux de suroccupation n’est pas uniforme au sein d’un même département. En effet, la densité urbaine influence fortement les conditions de logements. Plus on s’éloigne des centres-villes, plus on gagne en espace.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes :  Les réelles causes de cette suroccupation de logements Cette suroccupation de logements ne relève pas du hasard. Elle résulte d’un ensemble de facteurs bien identifiés.  Pénurie de logements abordables En tête de liste, le nombre de logements abordables ne parvient pas à suivre la hausse de la demande avec l’arrivée continuelle d’immigrés en quête d’un toit pas cher, mais convenable.  La hausse des prix immobiliers sur le territoire n’arrange pas la situation. Dans les grandes villes comme Marseille, Lyon et Paris, par exemple, le coût du m2 peut atteindre les 10 000 euros, selon le média français Capital. “Ce n’est pas qu’on veut vivre entassés, mais avec les loyers d’aujourd’hui, on n’a tout simplement pas le choix”, a déclaré Marie, ressortissante marocaine vivant en Île-de-France depuis moins d’un an.  Une politique de logement social à bout de souffle  Selon la Fédération des associations pour la promotion et l’insertion par le logement (FAPIL), il est essentiel de réviser les stratégies de logement social face aux changements incessants du marché. Le réseau plaide pour des mesures concrètes afin d’augmenter l’offre de logements adaptés aux besoins des familles d’aujourd’hui.  À cela s’ajoute le manque de sensibilisation et de soutien aux immigrés dans leur parcours d’intégration. Sans accès stable à l’éducation, à l’emploi ou aux services sociaux, beaucoup se retrouvent piégés dans un quotidien où les perspectives d’amélioration des conditions de vie sont minces.  Certes, des associations comme Secours Catholique et Soliha apportent un soutien direct aux familles en difficulté. Leurs moyens demeurent toutefois limités face à l’ampleur du problème qui exige des réponses plus ambitieuses de la part des pouvoirs publics.  Suroccupation de logements : quand l’espace manque, tout vacille Vivre à l’étroit, ce n’est pas seulement manquer de place — c’est aussi manquer d’air et de sérénité. Dans ces logements trop petits, chaque mètre carré devient une source de tension : les disputes s’enchaînent, le stress s’installe et le bien-être de toute la famille s’en trouve fragilisé.  Sur le plan sanitaire, l’humidité, la promiscuité et l’insalubrité favorisent la propagation des maladies et pèsent sur la santé mentale. Pour les enfants, grandir dans un espace saturé limite la concentration et l’épanouissement. Mais, l’impact va bien au-delà des murs. Le fait de résider dans un logement exigu isole. Faute d’intimité et de lieux pour recevoir ou se ressourcer, de nombreux immigrés voient leurs relations sociales se réduire, laissant place à la solitude et au sentiment d’exclusion. “On s’habitue à vivre les uns sur les autres, mais à la longue, ça use tout le monde, surtout les enfants.” déplore Philippe, ressortissant malien vivant dans un appartement de 25 m² avec sa femme et ses 2 enfants.  À cela s’ajoute la stigmatisation persistante des personnes vivant dans des conditions précaires, souvent perçues à travers le prisme du préjugé qui nourrit un cercle vicieux. Plus la marginalisation s’installe, plus il devient difficile d’en sortir.  Quelles sont les actions entreprises pour lutter contre la suroccupation ? Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour faire face à cette crise de suroccupation de logements en France métropolitaine.  Le Droit au logement opposable Le Droit au logement opposable ou DALO permet aux personnes en situation précaire de faire valoir leur droit à un logement décent, sous certaines conditions.  La demande peut être effectuée en ligne, déposée en main propre ou envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au secrétariat de la commission de médiation Dalo du département où vous souhaitez obtenir un logement social. Quoi qu’il en soit, vous devez remplir le formulaire cerfa n°15036 et joindre les justificatifs demandés pour former votre recours.  Notez que vous pouvez solliciter l’aide d’une assistante sociale ou d’une association agréée pour vous guider et vous accompagner tout au long de la procédure. Et si vous avez besoin d’informations plus précises sur le DALO, consultez le guide complet du Service Public de la République française. Les initiatives proposées par les associations La FAPIL plaide pour une réforme du logement social afin d’en faciliter l’accès et d’augmenter le nombre d’habitations décentes et abordables. Elle organise aussi des ateliers et séminaires destinés aux ménages vivant en suroccupation, pour les aider à mieux connaître et à accéder aux aides disponibles.  Habitat et Humanisme mise sur la solidarité intergénérationnelle en développant des foyers et résidences partagées qui favorisent l’intégration sociale et l’épanouissement personnel.  Quant à France Terre d’Asile, elle concentre ses efforts sur l’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile. En collaboration avec les collectivités locales et les services sociaux, elle assure un accompagnement juridique et un soutien essentiel à leur intégration.  De son côté, Secours Catholique informe et conseille les personnes vulnérables de leurs droits et des ressources disponibles pour améliorer leur situation. L’association fournit également une assistance alimentaire aux familles en

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