210 jours de rétention administrative : le nouveau visage de la fermeté migratoire 

la durée de placement en CRA étendue jusqu'à 210 jours

Deux cent dix jours de rétention administrative, c’est désormais la sanction qui attend les ressortissants étrangers jugés “dangereux” sur le territoire français. Cette mesure, née d’une proposition de loi de Bruno Retailleau et adoptée le 2 juillet 2025, s’inscrit dans une politique de fermeté migratoire et de renforcement de la sécurité publique. Décryptage.  Meurtre de Philippine, le point de bascule vers une législation d’exception C’est un drame qui a bouleversé la France le 21 septembre 2024. Philippine Le Noir de Carlan, étudiante de 19 ans, a été retrouvée morte dans le bois de Boulogne à Paris.  Elle avait été violée et tuée par un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà connu par les services de police pour des faits de violences sexuelles. L’homme, sous OQTF, venait tout juste de sortir d’un centre de rétention administrative, après 45 jours de détention. L’émotion nationale est immédiate, la colère politique aussi. Pour une partie de la droite, cette tragédie incarne les failles d’un système migratoire trop permissif. À l’initiative de Bruno Retailleau et portée au Sénat par Jacqueline Eustache-Brinio, la proposition de loi visant à allonger la durée de la rétention administrative voit alors le jour.  Après de vifs débats, la mesure a finalement été adoptée au soir du mercredi 2 juillet 2025. Mais ce virage sécuritaire ne fait pas l’unanimité. Si tous saluent la mémoire de Philippine, la Ligue des droits de l’Homme rappelle que « l’exception ne doit pas devenir la règle. »  À qui s’applique les 210 jours de rétention administrative ? Jusqu’ici, les 210 jours de rétention administrative étaient seulement réservés aux personnes condamnées pour des actes de terrorisme. Les autres étrangers écopaient simplement d’un placement en CRA maximal de 90 jours.  Cette nouvelle loi, dont le but est de simplifier le maintien en rétention des personnes dangereuses, change la donne. Désormais, cette durée prolongée s’applique à tout étranger :  Une mesure dont l’efficacité reste à prouver Présentée comme un outil de protection nationale, cette mesure portant sur l’extension de la durée de placement en CRA constitue un levier supplémentaire pour organiser et faciliter les expulsions.  Pourtant, son efficacité interroge de nombreuses associations comme la Cimade qui estime que la prolongation de la durée en rétention n’a jamais entraîné une véritable augmentation des expulsions.  Elle souligne notamment les difficultés relatives à l’obtention des laissez-passer consulaires qui représentent les principaux freins à l’exécution des expulsions. Concrètement, le pays d’origine de l’étranger sous OQTF doit délivrer à la France un document attestant son identité et accepter son retour. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. “La durée moyenne passait de 12,8 jours en 2017 à 32,8 jours en 2024. Le nombre de personnes expulsées dans l’Hexagone passait, sur la même période, de 10 114 à 5 178. “ peut-on lire dans un communiqué publié le 1er juillet 2025 et signé par plusieurs organisations dont la Cimade, France terre d’asile, Forum Réfugiés, L’Anafé, Syndicat des avocats de France et l’ADDE.  Prolongation de la durée de rétention en CRA : une disposition plus que coûteuse Outre l’inefficacité de cette nouvelle mesure, la Cimade souligne, dans son communiqué du 1ᵉʳ juillet 2025, les coûts importants qu’elle engendre et leurs impacts sur les finances publiques.  Selon le média PolitiqueMatin, l’État dépense 700 euros par jour pour chaque individu. Un coût démesuré sachant que les CRA hébergent actuellement 49 000 étrangers qui représentent déjà près de 8 milliards d’euros de dépenses annuelles.  Les conditions précaires des personnes détenues en CRA Les associations en faveur du droit des étrangers déplorent également les conditions difficiles des individus retenus en CRA. “C’est sale, c’est violent.” a déclaré la secrétaire de l’association Cercle des voisins du centre de Cornebarrieu, Michèle Crémoux. Dans son discours, elle explique avoir discuté avec certains policiers qui ont l’impression d’être devenus des gardiens de prison.  La situation risque de se corser davantage, car le Sénat a adopté en mai 2025 une proposition de loi dont l’objectif est d’écarter les structures associatives comme la Cimade des centres de rétention. Dans l’éventualité où l’Assemblée nationale décidait d’adopter ce texte, l’assistance juridique des personnes détenues relèverait de la responsabilité de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).

2024 : la France intensifie sa lutte contre l’immigration irrégulière

lutter contre l’immigration irrégulière

Entre contrôles renforcés, interpellations record et expulsions en hausse, 2024 marque un tournant dans la politique migratoire française. Les sans-papiers vivent désormais sous une surveillance accrue, symbole d’une stratégie gouvernementale plus ferme.  147 154 sans-papiers interpellés en 2024 La lutte contre l’immigration irrégulière bat son plein depuis 2024. Partout en France, les opérations menées par les forces de l’ordre se multiplient, ciblant les étrangers sans-papiers.  Selon la Direction générale des étrangers en France, 147 154 personnes ont été interpellées au cours de l’année — soit une hausse de 18,9 % par rapport à 2023. Une progression spectaculaire qui illustre la montée en puissance des contrôles et la volonté du gouvernement d’afficher des résultats concrets sur le terrain. Cette traque de sans-papiers continue à ce jour et s’étend aussi sur les collectivités d’outre-mer. Le 14 octobre 2025, le service de police aux frontières de Saint-Martin ont pu intercepter 97 personnes et 46 véhicules en seulement une demi-heure. Deux étrangers ont reçu une obligation de quitter le territoire et un a été assigné à résidence. Explosion des sorties du territoire depuis 2020 Les sorties du territoire de ressortissants étrangers en situation irrégulière s’enchaînent à grande vitesse depuis l’année 2020. Cette année-là, la Direction générale des étrangers en France recensait 15 949 éloignements.  En 2024, le chiffre grimpe à 27 791, soit une envolée de 74,4 %. Comparée à l’année précédente, qui en dénombrait 22 704 sorties, l’augmentation reste marquée : 26,7 % de plus, preuve que la “machine” à expulsion tourne à plein régime.  Les dessous de cette hausse des éloignements du territoire Cette hausse constante s’explique par de nombreuses raisons.  Les éloignements spontanés Ce sont principalement les éloignements spontanés qui tirent ces chiffres à la hausse, avec un taux de 66,8% de plus qu’en 2023.  Ces départs concernent les étrangers en situation irrégulière qui, après avoir reçu une OQTF, décident de quitter la France volontairement, sans contrainte policière ni aide de l’État.  Selon les statistiques de la Direction générale des étrangers en France, ils étaient au nombre de 4 159 en 2024, dont 3034 originaires de pays tiers et 225 d’Europe.  Les éloignements aidés Les éloignements aidés nourrissent aussi cette croissance du nombre des sorties du territoire, atteignant 4 586 cas en France métropolitaine au cours de l’année 2024.  Ce type de départ concerne les ressortissants sous OQTF qui choisissent de rentrer dans leur pays d’origine avec un coup de pouce de l’Ofii. En plus d’une aide administrative et matérielle, cela inclut : Au cours de l’année 2024, l’Ofii a accordé 6908 aides au retour, soit une légère hausse de 2,6% par rapport à l’année précédente. Ce chiffre inclut les aides accordées aux étrangers en France et dans les DOM/COM. Les éloignements forcés Parmi les 27 791 éloignements recensés en 2024, 12 856 ont été réalisés sous la contrainte. Autrement dit, près d’une personne sur deux a été expulsée contre sa volonté. Si le volume reste impressionnant, la hausse demeure plus modérée : +9,7 % par rapport à 2023, où l’on comptait 11 722 départs forcés. Ce type de mesure intervient généralement après une décision administrative ou judiciaire, le plus souvent à la suite d’un arrêté préfectoral d’expulsion (APE), d’un arrêté ministériel d’expulsion (AME) ou d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Chaque procédure répond à un motif précis — trouble à l’ordre public, séjour irrégulier, condamnation pénale — et relève d’une autorité différente, du préfet au ministre de l’Intérieur.  Voici un tableau descriptif pour vous permettre d’en apprendre davantage sur le sujet.  APE AME OQTF Décideur Préfet du lieu de résidence ou du département où se situe l’établissement pénitencier Ministre de l’Intérieur Préfet du lieu de résidence Motifs  – Comportements terroristes,– Actes de provocation délibérée à la discrimination,– Incitation à la haine– Actes de violence– Violation délibérée et grave des principes républicains– Condamnation pour crimes et délits ou récidive– Situation de polygamie– Irrégularité du séjour – Menace pour la sûreté de l’État ou la sécurité publique– Atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État,– Violation des principes de la République,– Activités terroristes – Irrégularité de séjour– Exercice d’une activité professionnelle sans autorisation– Menace pour l’ordre public– Refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour pour fraude – Risques de fuite Départ Le départ est immédiat. Dans le cas contraire, l’étranger est placé en CRA le temps que l’administration prépare son retour vers :– son pays d’origine,– un pays qui lui a octroyé un document de voyage valide,– un pays où il est accepté. L’étranger est forcé à monter dans un moyen de transport et est escorté par les forces de l’ordre tout au long du voyage.  L’étranger doit quitter l’Hexagone par ses propres moyens.  Dans le cas contraire, l’administration française organisera son départ. Il pourra alors être envoyé vers :– son pays d’origine,– le dernier pays qui lui a délivré un document de séjour valide– ou un pays dans lequel il est admis.  Recours possibles Deux recours possibles : – recours en annulation devant le tribunal administratif compétent– et recours en abrogation auprès de l’administration donnant lieu au réexamen de la mesure d’expulsion. L’appui d’un avocat en droit des étrangers est indispensable. Recours gracieux auprès de la préfecture ou hiérarchique devant le ministre de l’Intérieur. Recours contentieux auprès du tribunal administratif dans un délai :– d’un mois en cas d’OQTF avec un délai de 30 jours– de 48 h en cas d’OQTF assortie d’un placement en CRA– de 7 jours en cas d’OQTF avec assignation à résidence. 2024 : les non-admissions à la frontière en chute libre et les réadmissions décuplées Outre la hausse des éloignements du territoire et la traque des sans-papiers, l’année 2024 est aussi marquée par la chute libre des non-admissions à la frontière. Pour rappel, cette décision administrative est prise par un garde-frontière à l’encontre d’un immigré ne remplissant pas les conditions d’entrée dans l’espace Schengen ou en France.  La Direction générale des étrangers en France en a recensé 16 636 cas en 2024, soit moins de 79% par rapport à 2023 (79318). À l’inverse, les

Nouvelles dispositions de la loi immigration : ce qui change pour les étrangers en France

loi immigration

La loi Darmanin ainsi que les nombreux décrets et circulaires diffusés après son entrée en vigueur marquent un tournant décisif dans la politique migratoire française. Examen de français, examen civique, respect des principes républicains, 3 à 7 ans de résidence ininterrompue… Les conditions de régularisation et de naturalisation connaissent un durcissement sans précédent. À cela s’ajoutent le renforcement des mesures d’éloignement et la prolongation de la durée de rétention en CRA à 210 jours. La signature du contrat d’engagement au respect des principes de la République, obligatoire pour rester en France Le 08 juillet 2024 marqué l’entrée en vigueur du décret n°2024-811. Celui-ci conditionne la délivrance de tout document de séjour (APF, titre de séjour temporaire, carte pluriannuelle et carte de résident) par la signature d’un contrat d’engagement aux principes républicains. Ce document formalise votre obligation à respecter les fondements de la République qui sont :    En y apposant votre signature, vous affirmez votre engagement envers les valeurs républicaines, votre volonté d’intégrer la société française et votre attachement au pays. En cas de non-respect de vos engagements, votre titre de séjour peut vous être retiré ou refusé. L’administration française peut également vous délivrer une obligation de quitter le territoire. Cependant, il est à noter que le CEPR est facultatif, mais recommandé pour : Réalisez sereinement vos démarches administratives Optimisez vos chances de succès avec l’appui d’un avocat expert en droit des étrangers. Prendre rendez-vous dès maintenant 7 ans de résidence pour être admis au séjour Une circulaire destinée à remplacer celle du Valls voit le jour le 23 janvier 2025. Initié par le ministre de l’Intérieur, ce document modifie les conditions d’admission exceptionnelle au séjour.  Désormais, les ressortissants étrangers devront avoir résidé en France pendant au moins 7 ans pour demander un premier titre de séjour “vie privée et familiale”.  Une résidence ininterrompue de 3 ans est exigée pour les individus désireux d’être admis au séjour par le travail. Ils devront également justifier d’une activité professionnelle d’une durée supérieure ou égale à 12 mois dans un secteur en tension au cours des deux dernières années.  Pour Bruno Retailleau, les personnes étrangères en quête de régularisation doivent être capables de prouver de façon concrète leur intégration à la société et leur volonté sincère de s’établir durablement sur le territoire. Il estime que l’AES n’est pas une voie ordinaire pour obtenir un titre de séjour, car comme son nom l’indique, il doit conserver un caractère strictement « exceptionnel ».  Des associations comme La Cimade considèrent que ces nouveaux critères sont loin de représenter une solution. Selon elles, exiger une telle durée de résidence sur le territoire sans offrir de véritable sécurité administrative condamne les personnes étrangères à vivre dans la précarité, sous la menace constante d’un contrôle et d’une expulsion. Une telle exigence favorise aussi les situations d’exploitation au travail.  Un accompagnement sur-mesure pour la réalisation de vos démarches administratives Solliciter un avocat La maîtrise du français, indispensable pour une intégration réussie Maîtriser la langue de Molière est désormais indispensable pour s’intégrer pleinement et légalement à la société française. La loi asile et immigration du 26 janvier 2024 conditionne la délivrance de titre de long séjour et de nationalité française par la réussite d’un test.  Il faudra désormais avoir un niveau de français :  A2 pour avoir une carte de séjour pluriannuelle,  B1 pour avoir une carte de résident, et B2 pour être naturalisé.  Si ces dispositions sont prévues pour le 1ᵉʳ janvier 2026, Othman Nasrou, le secrétaire d’État chargé de la citoyenneté, entend avancer leur application au 1ᵉʳ juillet 2025.  La durée de placement en CRA allongée à 210 jours La durée maximale de rétention administrative est désormais fixée à 210 jours. Cette mesure a été votée par le Sénat le 18 mars 2025 suite à la proposition du Gouvernement à réformer la loi asile et immigration pour mieux maîtriser les flux migratoires et renforcer la sécurité publique.  D’après le ministre de l’Intérieur, une modification de la législation est nécessaire pour sauver des vies.  Régularisez votre situation ou demandez la nationalité française sans tracas Constituez un dossier solide et maximisez vos chances de succès avec un expert en droit des étrangers Discutez avec un avocat dès maintenant Un encadrement plus strict des conditions de naturalisation Une nouvelle circulaire Retailleau, cette fois portée sur les conditions d’accès à la nationalité française, naît le 05 mai 2025. Pour le ministre de l’Intérieur, devenir Français se mérite et l’administration doit se montrer particulièrement exigeante dans l’appréciation des dossiers de demande. Lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à Créteil, Bruno Retailleau a affirmé que le sentiment d’appartenance prime sur l’ascendance. En plus de maîtriser la langue, les candidats à la nationalité française doivent justifier : d’un parcours exemplaire – tout individu ayant purgé une peine d’emprisonnement supérieure ou égale à 6 mois verra sa requête refusée, d’une intégration professionnelle d’une durée supérieure ou égale à 5 ans, des ressources financières stables et supérieures ou égales au SMIC. Les individus souhaitant acquérir la nationalité française sont également tenus de passer un examen civique en plus de l’entretien d’assimilation auprès d’un agent de la préfecture. L’objectif est d’évaluer leur connaissance, leur compréhension et leur adhésion aux principes fondamentaux de la République. Vérifiez votre éligibilité à la naturalisation en 2 minutes Vérifier dès maintenant Les étrangers considérés comme un danger pour la sécurité publique seront expulsés À l’heure où la sécurité est au cœur des débats, le Gouvernement français redouble d’efforts pour protéger ses citoyens.  Aujourd’hui, l’insécurité et l’immigration sont plus que jamais considérées comme un tandem. Selon le ministre de la Justice Gérarld Darmanin, des ressortissants étrangers sont mis en cause dans :  38 % des cambriolages,  40 % des vols de véhicules,  13 % des violences sexuelles,  18 % des homicides et 27 % des vols violents.  Si divers plans d’action comme le Plan Tranquillité à Marseille ont déjà été lancés, le Gouvernement entend simplifier l’éloignement des personnes de nationalité étrangère susceptibles de constituer une menace pour l’ordre public.  Pour atteindre cet objectif, plusieurs dispositions ont été

Décret du 22 janvier 2025 : le Premier ministre relance le comité interministériel de contrôle de l’immigration

comité interministériel de contrôle de l’immigration

Institué en 2005, le comité interministériel de contrôle de l’immigration connaît un nouvel élan grâce au décret du 22 janvier 2025. Le gouvernement a relancé cette instance pour mieux contrôler les flux migratoires et lutter contre l’immigration irrégulière. Quelles en sont les lignes directrices ? Focus. La France, le premier pays de délivrance de visas vers l’Europe Lors de son discours devant l’Assemblée nationale en janvier 2025, le Premier ministre François Bayrou a abordé les tensions croissantes liées à l’immigration sur le territoire français. Avec 2 858 083 demandes de visa accordées en 2024, la France devient le premier pays de délivrance de visas en Europe et tient la 3ᵉ place des pays de demandes d’asile.  Pour le Premier ministre, la situation est unique. Des milliers de personnes en situation irrégulière se trouvent sur le territoire sans avoir engagé de démarche de demande d’asile ou de titre de séjour. Leur but est de traverser la Manche pour atteindre le Royaume-Uni. François Bayrou a souligné le souhait de l’État à appliquer fermement les lois. Il souligne l’importance de la mise en place d’une politique de contrôle, de régulation et de renvoi des étrangers dont la présence met en péril la cohésion nationale dans leur pays d’origine. L’essence du comité interministériel de contrôle de l’immigration Le décret n°2025-60, datant du 22 janvier 2025, relance le comité interministériel de contrôle de l’immigration initialement prévu par le décret du 26 mai 2005. Il en actualise les dispositions suivant les transformations de l’administration qui ont eu lieu depuis cette date.  Qui sont les membres du comité ?  Sous l’égide du Premier ministre, le comité interministériel de contrôle de l’immigration actuel est composé : Il est à noter que le Premier ministre se réserve le droit de convier d’autres membres du Gouvernement à participer aux travaux du comité. Le secrétariat sera assuré par le directeur général des étrangers en France. Le fonctionnement du comité interministériel de contrôle de l’immigration Selon l’Article D.*123-1 du décret n°2025-60, il revient au comité interministériel de définir les grandes lignes de la politique gouvernementale en matière de gestion des flux migratoires. Un rapport doit être présenté au Parlement tous les ans. En plus d’assurer la préparation des travaux, des délibérations et du rapport du comité, le directeur général des étrangers en France s’assurera de l’application cohérente des décisions prises. Pour cela, il présidera également un comité des directeurs chargés de l’application de la politique gouvernementale concernant le contrôle de l’immigration et de l’asile. Parmi les membres de ce dernier, on note entre autres :  Les priorités du comité interministériel de contrôle de l’immigration Le 26 février 2025, François Bayrou a réaffirmé les critères essentiels permettant aux étrangers de s’établir légalement en France :  Il a également insisté sur l’importance des enjeux liés à la sécurité et à l’ordre public pour poser les bases des actions à venir.  Le comité interministériel de contrôle de l’immigration va donc concentrer ses efforts dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Les contrôles aux frontières, le droit d’asile, la politique de délivrance de visas et les mesures d’éloignement sont ses priorités. La Force frontière étendue sur toute la France Selon le Premier ministre, la Force frontière sera désormais mobilisée sur l’ensemble du territoire national afin de répondre à une pression migratoire jugée inédite.  Mise en place en 2023 à l’initiative de l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, cette unité regroupe des agents des douanes, de la police nationale et de la gendarmerie. L’intervention des réservistes et des Sentinelles pourra également être sollicitée en cas de besoin pour une surveillance accrue des frontières françaises. Remaniement du droit d’asile  François Bayrou a également abordé la problématique liée au droit d’asile lors de la première réunion du comité interministériel de contrôle de l’immigration le 26 février 2025. Selon lui, la France fait face à une situation inédite, car plus de 500 000 immigrés, incluant 160 000 demandeurs d’asile, ont été accueillis sur le territoire. Face aux attentes des Français en faveur d’une plus grande maîtrise des flux migratoires, le Premier ministre a souligné l’importance d’une réflexion pour préserver le sens véritable du droit d’asile. Renforcement des contrôles aux frontières de Mayotte  Les côtes mahoraises font aussi l’objet d’un contrôle renforcé. Des ressources sont mobilisées pour reconstituer et améliorer la surveillance en mer et sur terre. Les radars endommagés par le cyclone Chido ont été remplacés et un système de surveillance par satellite a été mis en place. D’après les chiffres du Gouvernement, le nombre d’éloignements a déjà augmenté de 25 %. Intensification des mesures d’éloignement Le Gouvernement prévoit de modifier le cadre procédural pour permettre l’exécution immédiate des obligations de quitter le territoire. Les places en CRA seront également étendues au nombre de 3 000 d’ici à 2027 et des évolutions juridiques sont envisagées pour le maintien en rétention des personnes dangereuses jusqu’à leur expulsion. La politique des visas Le Premier ministre demande la réalisation d’un audit portant sur la politique de délivrance des visas. Pour rappel, près de 2,9 millions de visas ont été délivrés en France au cours de l’année 2024. Sophie Primas, la porte-parole du Gouvernement, estime qu’une telle quantité n’est pas nécessaire.  Outre la procédure de demande et les conditions à remplir, la délivrance de visa se fera désormais en considération de la qualité de la coopération migratoire avec les pays d’origine, surtout en ce qui concerne la réadmission des étrangers expulsés. Les enjeux tendus dans les relations franco-algériennes L’Algérie a enfreint ses engagements et ses accords avec la France en refusant la réadmission de ses ressortissants expulsés du territoire. À 14 reprises, l’état algérien n’a pas répondu aux demandes des autorités françaises à accueillir l’auteur de l’attentat survenu à Mulhouse le 22 février 2025. Face à la situation, le Gouvernement entend engager un dialogue avec l’Algérie pour le réexamen des accords signés en 1968 dans un délai compris entre 4 à 6 semaines. En outre, la France va prochainement présenter aux autorités algériennes une liste d’urgence d’individus à expulser.

Circulaire Retailleau : durcissement sans précédent des conditions de régularisation en France 

circulaire Retailleau

Le 23 janvier 2025, le ministère de l’Intérieur envoie aux préfets une nouvelle circulaire venant remplacer celle signée par Manuel Valls. Celle-ci, nommée circulaire Retailleau, revoit les conditions de régularisation par admission exceptionnelle des étrangers en France en imposant des critères plus stricts et demande l’accompagnement d’une OQTF à tout refus de séjour.  Régularisation des sans-papiers : les grandes lignes de la circulaire Valls Promulguée le 28 novembre 2012, la circulaire Valls visait à harmoniser les pratiques préfectorales en matière de régularisation des ressortissants étrangers en France. Ce texte permettait l’admission exceptionnelle au séjour (AES) de plusieurs profils types d’étrangers en situation irrégulière dont :   Pour lutter contre l’immigration irrégulière, une seconde circulaire destinée à mesurer l’action des préfets a été promulguée le 11 mars 2013. Celle-ci incluait des indicateurs d’évaluation de l’efficacité des retours, du respect des procédures et des résultats quantitatifs. Besoin de régulariser vos papiers? Optimisez vos chances de succès avec l’appui d’un avocat expert en droit des étrangers. Prendre rendez-vous dès maintenant La Circulaire Retailleau pour une régularisation plus stricte et plus contrôlée Le début de l’année 2025 marque un tournant décisif pour la procédure de régularisation des étrangers en situation irrégulière dans l’Hexagone. Sur proposition de l’actuel ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, la nouvelle circulaire durcit de façon drastique les critères d’éligibilité relatifs à l’AES.  Elle exige aux préfets :  de ne plus se référer à la circulaire Valls désormais abrogée,  de refuser toute demande de régularisation basée sur la durée de séjour et la scolarisation des enfants sur le territoire sans autre preuve d’intégration, de limiter l’admission exceptionnelle au séjour aux travailleurs sans papiers exerçant dans des secteurs en tension, dont l’intégration professionnelle est démontrée. Désormais, la régularisation par l’admission exceptionnelle au séjour repose sur des critères stricts et précis axés sur l’intégration professionnelle et sociale des postulants. La fourniture de justificatifs concrets, valides et authentiques est indispensable pour maximiser les chances d’obtenir un titre de séjour. Régularisation : mettez toutes les chances de votre côté Solliciter un avocat Les nouvelles conditions de régularisation introduites par la Circulaire Retailleau La circulaire Retailleau modifie la politique de régularisation avec trois principales dispositions. Celle-ci souligne entre autres le caractère strictement « exceptionnel » d’admission au séjour des travailleurs en situation irrégulière. Pour obtenir leur premier titre de séjour, ces derniers devront avoir résidé en France depuis 3 ans minimum et exercer dans un métier en tension pendant au moins 12 mois au cours des deux dernières années. Les ressortissants étrangers dont la demande de régularisation est fondée sur d’autres motifs sont, quant à eux, tenus de justifier d’une présence d’au moins 7 ans sur le sol français. Outre la durée de résidence, les individus désireux de se régulariser doivent être en mesure de prouver de façon concrète leur intégration à la société. La nouvelle circulaire remplaçant celle du 28 novembre 2012 exige pour cela : un niveau de français avancé et attesté par un diplôme ou une certification linguistique, et la signature du contrat d’engagement à respecter les principes fondamentaux de la République. À ces exigences s’ajoutent des conditions supplémentaires comme :  la situation de non-polygamie, l’absence de menace pour la sécurité publique, et l’inexistence d’une OQTF non effectuée.  Régularisez votre situation en toute sérénité Constituez un dossier solide et maximisez vos chances de succès avec un expert en droit des étrangers Discutez avec un avocat dès maintenant Les refus s’accompagneront désormais d’une OQTF Tout ressortissant étranger ne remplissant pas les critères cités plus haut verra sa demande de régularisation rejetée. Un refus aux lourdes conséquences, car le ministre de l’Intérieur demande aux préfets de joindre à toute décision défavorable liée au séjour une obligation de quitter le territoire français dite OQTF.  À titre d’information, cette mesure vous impose de quitter le pays de votre plein gré. Si vous n’avez pas les moyens pour ce faire, vous pouvez solliciter une aide matérielle et financière auprès de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII). Il convient également de souligner que, depuis l’entrée en vigueur de la loi asile et immigration du 26 janvier 2024, une OQTF est exécutoire pendant une durée de trois ans. La circulaire Retailleau impacte-t-elle aussi les demandes de naturalisation ?  La circulaire du 23 janvier 2025 modifie principalement les modalités de régularisation des ressortissants étrangers présents sur le territoire français.  Toutefois, le ministre de l’Intérieur a présenté une nouvelle circulaire renforçant les conditions d’accès à la naturalisation le 05 mai. Dans ce document de cinq pages, Bruno Retailleau rappelle que la naturalisation ne constitue pas un droit, mais « une décision souveraine prise par le gouvernement ». Il demande aux préfets d’être particulièrement minutieux dans l’examen des dossiers, notamment sur :  le niveau de maîtrise du français exigé qui passera de B1 à B2 le 1er janvier 2026, l’exemplarité du comportement des postulants tout au long de leur parcours en France, l’insertion professionnelle des candidats avec une ancienneté de travail de 5 ans minimum, la stabilité et la pérennité des ressources financières qui doivent être supérieures ou équivalentes au SMIC. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur prévoit un examen civique obligatoire pour tout individu souhaitant devenir Français pour vérifier leur adhésion aux principes et aux valeurs républicains. Optimisez vos chances d’obtenir un titre de séjour adapté à votre situation Engager un avocat Circulaire Retailleau : un premier bilan annuel positif Un an après son entrée en vigueur, la circulaire Retailleau imprime sa marque.  Son premier bilan annuel s’aligne parfaitement sur ses objectifs.   Nouveaux critères d’éligibilité pour l’AES Taux de délivrance 2025 Taux de délivrance 2024 Sources Titre de séjour 3 ans de résidence et 12 mois d’activité professionnelle dans un métier en tension pour un titre de séjour “salarié”,  7 ans de résidence en France pour ceux dont la demande est fondée sur un autre motif que le travail, signature obligatoire du contrat d’engagement au respect des principes républicains, une maîtrise du français avancée et prouvée par un diplôme ou une certification linguistique, situation de non-polygamie, absence de menace pour

Immigration 2024 : la France a expulsé 21 601 étrangers

expulsions en 2024

Dans son bilan annuel sur l’immigration, le ministère de l’Intérieur recense 21 601 expulsions en 2024. Cette hausse de 26,7 % comparée à l’année précédente, Gérarld Darmanin s’en félicite. Le ministre de la Justice déclare sur son compte X « je me réjouis de ces résultats obtenus grâce à la politique de fermeté que nous avons menée durant les neufs premiers mois de l’année 2024 ». Mais qu’est-ce qui explique réellement cette forte augmentation ? Décryptage. La loi Darmanin et ses mesures d’éloignement Publiée le 26 janvier 2024, la loi Darmanin dite « loi asile et immigration » emmène avec elle un lot de mesures visant à faciliter l’éloignement des étrangers en France. Celle-ci permet entre autres à l’administration française d’expulser du territoire tout ressortissant susceptible de constituer une menace pour la sécurité publique même s’ils disposent de liens personnels et/ou familiaux sur le territoire. Il peut s’agir : Cette mesure concerne également les demandeurs d’asile et les victimes d’actes de violence physique, mental ou sexuel. S’ils représentent une menace pour l’ordre public, ces derniers peuvent être assignés à résidence pendant une durée allant jusqu’à 3 ans maximum. Leur état de vulnérabilité est bien en entendu pris en compte pour l’application de la décision. Par ailleurs, la nouvelle loi immigration supprime les protections octroyées aux sans-papiers époux de citoyen français ou arrivés en France avant leurs 13 ans. Celles-ci sont remplacées par une obligation de quitter le Territoire dite OQTF. La systématisation des OQTF Pensée pour une meilleure maîtrise des flux migratoires, la Circulaire Retailleau impose aux préfets de joindre à tout refus de titre de séjour une OQTF. Ainsi, tout ressortissant étranger ayant vu sa demande de régularisation ou de renouvellement de carte de quitter la France de son plein gré dans un délai de 30 jours en moyenne. Au total, 447 257 obligations de quitter le territoire français ont été prononcées en 2024. S’il refuse, l’étranger peut être placé en CRA ou assigné à résidence, le temps que l’administration organise son éloignement vers : À cela s’ajoute une interdiction de retour sur le territoire français qui peut aller jusqu’à 2 ans. Il est à noter que depuis l’entrée en vigueur de la loi du 26 janvier 2024, le délai d’exécution d’une OQTF a été porté à trois ans. Les individus concernés par cette mesure, en plus de devoir quitter le sol français, se retrouvent privés de leurs droits sociaux et d’accès au travail. Les interpellations massives de l’Hexagone Dû à l’amalgame entre insécurité et immigration, l’Hexagone est devenu le théâtre de maintes interpellations. D’après le préfet de police de la capitale Laurent Nuñez, 36% des individus mis en cause pour des actes de délinquance sont des ressortissants étrangers. Gérarld Darmanin déclare que 38 % des cambriolages, 40 % des vols de véhicules et 17 % de crimes et délits confondus commis sur le territoire sont orchestrés par des personnes de nationalité étrangère. Les chiffres du ministère de l’Intérieur révèlent également que les étrangers sont mis en cause dans : Or, les étrangers ne constituent que 8 % de la population totale selon le ministre. En 2024, 147 154 clandestins ont été interpellés par les forces de l’ordre. Ce chiffre constitue une hausse de 18,9 % par rapport à l’année précédente. En 2025, la traque des sans-papiers continue de battre son plein. Par exemple, à Lille, 100 personnes en situation irrégulière ont été interpellées par les forces de l’ordre en neuf jours en janvier. À Marseille, le « Plan Tranquilité » du maire Benoît Payan visant à optimiser la sécurité publique a pris une dimension disproportionnée. Les forces de l’ordre effectuent des descentes régulières dans la métropole, de la porte d’Aix à Gèze en passant par la Belle de Mai. Jeunes et adultes sont fouillées. L’arrestation des vendeurs de l’économie informels se fait en masse. La France attire moins les étrangers … Depuis l’application de la loi Darmanin, la France attire moins les ressortissants étrangers. Réduction des régularisations En 2024, seulement 31 250 individus ont obtenu leur régularisation dont 10 330 par le travail et 20 090 pour des motifs familiaux. Pour mémoire, la nouvelle loi sur l’asile et l’immigration, renforcée par la Circulaire Retailleau, impose aux ressortissants étrangers plusieurs conditions : Baisse des demandes d’asile Les requêtes d’asile ont reculé de 5,5 % sur le territoire français. En 2024, les requêtes étaient au nombre de 157 947 en France. Parmi les demandeurs, on compte : La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) et l’Office français de protections des réfugiés et apatrides OFPRA ont décidé d’accorder 70 335 statuts de protection.

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