Renouveler sa demande de naturalisation après un refus, est-ce possible ? 

deuxième demande de naturalisation après un refus

Beaucoup se découragent face au refus de leur demande de naturalisation. La bonne nouvelle est que ce rejet n’est pas une fatalité. Oui, il est tout à fait possible de renouveler sa demande – mais pas n’importe comment et surtout pas n’importe quand. Zoom.  Naturalisation : comprendre le motif de refus pour mieux relancer la demande Avant de penser à renouveler votre demande de naturalisation, prenez le temps de comprendre le motif du refus. Il est important de noter que cette décision administrative repose sur des critères juridiques précis et des éléments de votre dossier.  Il peut notamment s’agir :  Dans certains cas, le refus est implicite. Celui-ci survient généralement après un silence administratif de plus de 18 mois. Ici, vous pouvez soit introduire un recours ou préparer une nouvelle demande si vous avez identifié et corrigé les éléments problématiques de votre dossier. En cas de doute, n’hésitez pas à solliciter un avocat en droit des étrangers pour vous expliquer les motivations du rejet et éviter toute mauvaise interprétation. Refus de naturalisation : introduire un recours ou renouveler sa demande ? Après un rejet de naturalisation, vous avez le choix entre : Veuillez noter qu’il est possible de faire l’un sans l’autre. Dans l’éventualité où vous décidez d’entreprendre les deux démarches, vous devez noter qu’un recours non abouti peut freiner une deuxième demande de naturalisation, en particulier si l’administration estime que votre situation n’a pas changé. Sachez aussi que ces deux formalités peuvent se contredire. Un recours affirme que le premier refus est injustifié tandis qu’une nouvelle demande confirme le fondement du motif du rejet. Quand déposer une nouvelle demande de naturalisation française ?  Les délais pour renouveler une demande de naturalisation varient selon la décision de refus.  L’ajournement s’accompagne souvent d’un délai de 1 à 2 ans. Le non-respect de ce dernier entraînera irrémédiablement un refus pour irrecevabilité. Profitez de ce temps pour améliorer votre situation.  Dans l’éventualité où le délai pour renouveler la demande n’est pas mentionné dans la décision de refus, il est préférable d’attendre entre 12 et 18 mois, le temps de pouvoir fournir des preuves d’évolution significative de votre situation.  Par contre, en cas de refus implicite, le mieux est de prendre le temps de bien comprendre et de combler les lacunes de votre dossier avant d’envisager une nouvelle demande.  Notez qu’une deuxième demande de naturalisation trop précipitée peut être considérée comme un manque de sérieux susceptible de se traduire par un nouvel échec.  Comment renouveler une demande de naturalisation après un refus ? Si la procédure reste la même que durant le premier dépôt de dossier, le secret d’une seconde demande de naturalisation réussie repose principalement sur le changement réel et tangible du candidat. Rectifier les éléments problématiques du dossier initial Nous vous recommandons fortement :  Outre le fait de veiller à la complétude de votre dossier, vous devez vous assurer qu’il soit clair et lisible. Utilisez par exemple des intercalaires, une numérotation claire, une table des matières, etc. En plus de faciliter le travail des agents chargés de traiter votre dossier, une présentation soignée et cohérente démontre votre sérieux, votre implication et votre volonté sincère de devenir français. Rédiger la lettre de motivation avec soin  Votre lettre de motivation constitue le cœur de votre deuxième demande de naturalisation.  Vous devez y :  En plus d’être différente de la première, cette lettre doit être bien structurée, claire, concise et personnalisée en fonction de votre situation. Elle ne doit contenir ni exagération ni faute d’orthographe. Renouveler sa demande de naturalisation avec l’appui d’un avocat pour maximiser les chances de succès Déposer une seconde demande de naturalisation après un refus requiert une rigueur particulière. La procédure est technique, sensible et souvent plus exigeante que la première, surtout lorsque le rejet initial repose sur des éléments juridiques complexes ou des justificatifs jugés insuffisants. L’administration, déjà attentive, devient alors nettement plus stricte dans l’examen du nouveau dossier.  C’est dans ce contexte que l’intervention d’un avocat en droit des étrangers fait la différence. Ce professionnel vous aide à : Au-delà de l’analyse et du conseil, l’avocat intervient également pour défendre vos intérêts auprès des autorités compétentes. Il élabore une stratégie de défense juridique sur mesure, adaptée à votre parcours et à vos objectifs, afin de valoriser chaque élément pertinent et maximiser vos chances d’aboutir favorablement.  Le parcours de Philippe illustre parfaitement l’impact d’un tel accompagnement. Exerçant en tant qu’autoentrepreneur à Paris, il avait essuyé un ajournement de deux ans en raison d’une activité jugée instable. Après avoir réorganisé son entreprise et assaini sa comptabilité, il a sollicité un avocat pour vérifier chaque pièce, clarifier ses bilans et ajuster sa stratégie. Sa nouvelle demande a été acceptée.« Le premier refus m’a remis en question… Mon avocat m’a aidé à comprendre ce qui n’allait pas et à présenter un dossier solide. Sans lui, je n’aurais probablement pas obtenu ma naturalisation. » racontait-il.l.

TCF Naturalisation : ce qui change dans les règles et les exigences 

TCF Naturalisation

2026 signe un virage à 180° pour les candidats à la naturalisation française. Les préfectures renforcent leurs contrôles, un examen civique fait son entrée et les justificatifs linguistiques sont scrutés de plus près.  Aujourd’hui plus que jamais, le TCF Naturalisation devient un passage incontournable pour les candidats à la naturalisation. Avec le relèvement du seuil au niveau B2, la réussite à ce test incarne la nouvelle mesure de l’intégration linguistique et de l’ancrage dans la société française. Niveau B2 : le nouveau standard pour devenir français à partir de 2026 La nationalité française se mérite et la circulaire Retailleau du 2 mai 2025 le confirme. Porté par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, celui-ci rehausse la barre de l’exigence linguistique au niveau B2.  Si cette condition n’est appliquée que depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le TCF IRN permettait déjà aux candidats d’être évalués jusqu’au niveau B2 depuis le 12 mai 2025 selon France Education International.  TCF Naturalisation : des épreuves adaptées au niveau B2 Si la nature des 4 épreuves du TCF Naturalisationr reste inchangée, leur contenu et leur durée ont bel et bien fait l’objet d’une mise à jour. Épreuves Contenu Durée Compréhension orale  25 questions à choix multiples portant sur :– des mots familiers et expressions courantes,– des annonces simples,– des informations sur des personnes, des faits ou des évènements,– un discours prononcé à un débit courant.– des exposés concrets ou abstraits, Remarque : chaque audio est diffusé une seule fois et la question est posée après l’écoute.  20 minutes Compréhension écrite 25 questions à choix multiples portant sur : – des noms et expressions quotidiennes,– des informations dans des petites annonces, prospectus, menus, etc.– des informations sur des faits, évènements ou personnes,– des textes en langue courante liés au quotidien ou au travail,– des articles spécialisés,– des extraits d’ouvrages.– des textes factuels ou littéraires longs et complexes, Remarque : cette épreuve se présente sur un principe de difficulté progressive. 35 minutes Expression orale 3 tâches dont :– un entretien dirigé sans préparation,– un exercice en interaction sans préparation,– et une expression d’un point de vue sans préparation. Remarque : le candidat doit parler de lui, poser des questions adaptées à la situation, donner son opinion, argumenter de façon claire et structurée sur le sujet traité, etc. 10 minutes Expression écrite 3 exercices d’écriture dont :– une description d’une personne, d’un groupe, d’un lieu ou d’un objet (30 à 60 mots)– un récit d’activités quotidiennes destiné à une ou plusieurs personnes (40 à 90 mots)– et une opinion au sujet d’un objet, d’une personne, d’un lieu, d’un groupe, etc. (40 à 90 mots) 30 minutes Ce tableau vous permet de voir les nouvelles modalités officielles du test TCF Naturalisation. Pour réussir cet examen d’une durée totale de 1h35 et atteindre le niveau B2, les candidats devront avoir un score compris entre 500 et 599 sur 699 points. L’inscription et l’examen se déroulent dans un centre d’examen agréé par France Éducation International. TCF Naturalisation, désormais obligatoire pour les titulaires d’un diplôme étranger Modifiant les modalités du décret du 30 décembre 1993, le décret n°2025-648 du 15 juillet 2025 met fin à la reconnaissance des diplômes étrangers comme justificatifs de niveau de français.  Si cette mesure n’est appliquée que depuis le début de l’année 2026, France Éducation International avait déjà refusé toute demande d’attestation de comparabilité déposée au titre d’une demande de naturalisation depuis le 1er octobre.  Désormais, seuls le TCF IRN, le DELF ou encore le TEF IRN permettent aux titulaires d’un diplôme étranger de prouver leur maîtrise du français et prétendre à la nationalité française.  Qui peut encore être dispensé du TCF Naturalisation ? La dispense du TCF Naturalisation reste pour :  Une naturalisation plus sélective, mais pas inaccessible En bref, 2025 a préparé le terrain d’une naturalisation résolument plus exigeante et plus sélective.  Outre les dispositions citées plus haut, l’État a instauré un examen civique pour tester les connaissances des candidats sur la culture, l’histoire et la société française. Mais rien n’est impossible avec une bonne dose de préparation et un accompagnement juridique sur mesure pour la préparation des dossiers.

Peut-on contester un refus de naturalisation pour niveau de français insuffisant ? 

refus de naturalsation

Obtenir la nationalité française sans prouver une maîtrise solide de la langue relève de l’impossible. En dessous du niveau B2, la demande fera automatiquement l’objet d’un rejet.  La question est “peut-on contester ce refus”? Oui, mais à condition de bien comprendre les raisons qui ont conduit à ce rejet, analyser la situation, respecter attentivement les démarches et se faire accompagner par un avocat expert en droit des étrangers. Naturalisation : pourquoi mon niveau de français a-t-il été considéré inssuffisant? Plusieurs raisons peuvent pousser l’administration à considerer votre maîtrise de la langue française inssuffisante et ainsi refuser votre demande de naturalisation.  Les comprendre est crucial avant de former un recours ou de renouveler votre demande pour maximiser vos chances de succès. Posez-vous les bonnes questions. Avez-vous le niveau de français minimum exigé? Pour information, avoir un niveau B1 en français ne permet plus d’accéder à la nationalité française. Le niveau B2 du CECRL est le nouveau standard depuis le 1er janvier 2026. Cette exigence, introduite par le décret n°2025-648 du 15 juillet 2025, a pour but de garantir une maîtrise efficiente de la langue de Molière des candidats.  En clair, vous devez être en mesure de communiquer spontanément avec des natifs, de comprendre et de discuter de sujets complexes, de vous exprimer de manière claire et détaillée sur une grande variété de sujets pour devenir citoyen français. Avez-vous fourni les bons justificatifs? La liste des pièces justificatives du niveau de maîtrise du français demandés dans le cadre d’une naturalisation a été mise à jour par l’arrêté du 22 décembre 2025, ce qui aurait pu vous induire en erreur lors de la constitution du dossier de demande.  Notez que désormais les diplômes officiels acceptés pour justifier d’un niveau B2 sont :  En revanche, l’attestation de comparabilité de diplômes étrangers n’est plus recevable comme justificatif de maîtrise du français dans le cadre d’une demande de naturalisation.  Naturalisation : contester le refus ou renouveler la demande si mon niveau de français est jugé faible? Deux chemins se dessinent après un rejet de naturalisation pour un niveau de français insuffisant : Si les deux options peuvent être envisagés indépendamment, leur articulation est délicate. La première repose sur le caractère injustifié de la décision administrative, le second se base sur une évolution tangible de votre maîtrise de la langue de Molière. Par ailleurs, un recours sans succès peut peser lourd sur une nouvelle demande, surtout en l’absence d’éléments nouveaux. Aussi, ces deux démarches ne jouent pas toujours dans le même sens : contester la décision revient à nier la légitimité du refus, alors qu’une nouvelle demande en entérine les raisons pour mieux y répondre. Nous vous conseillons de contester la décision défavorable si vous êtes en mesure de fournir des preuves probantes de votre maîtrise du français avec un niveau B2. Dans le cas contraire, nous vous recommandons d’améliorer vos compétences linguistiques et de passer le TCF Naturalisation, un test officiel dont vous pouvez découvrir les spécificités sur cette page.  Quels recours pour contester un refus de naturalisation pour niveau de français faible?  Trois recours sont possibles pour contester un refus de naturalisation pour niveau de français insuffisant. Recours Gracieux (ou réexamen de votre dossier) Hiérarchique Contentieux Où s’adresser?  Ministre de l’Intéreur– Par lettre recommandée avec AS  Ministère de l’Intérieur– Par lettre recommandée avec AS au Ministère de l’Intérieur, Direction des Naturalisations, 12 rue Francis Le Carval, 44404 Rezé Cedex. Tribunal administratif Démarches – écrire une lettre motivée et argumentée qui explique les raisons qui vous poussent à contester ce refus,– fournir des pièces justificatives appuyant vos dires, prouvant votre intégration à la société française, votre maîtrise de la langue et la légitimité de votre demande de naturalisation.  – rédiger une lettre formelle qui explique les raisons motivant ce recours,– et fournir de nouveaux éléments (réussite au TCF IRN niveau B2, etc.) Formez ce recours avec :– la décision de refus,– l’ensemble des justificatifs prouvant votre intégration à la société française et votre maîtrise de la langue– et une argumentation juridique solide démontrant le caractère injustifié du rejet.   Délais pour introduire le recours 2 mois après la réception de la décision de refus de naturalisation 2 mois après la réception de l’issue défavorable de la demande de réexamen de votre dossier 2 mois après l’échec du recours hiérarchique Que vous décidiez de contester le refus ou de renouveler votre demande de naturalisation, l’appui d’un avocat spécialisé en droit des étrangers est indispensable. Véritable partenaire juridique, il analyse minutieusement les motifs du refus, vous conseille sur le chemin à suivre, vous explique clairement les enjeux et vous accompagne étape par étape, de la constitution du dossier jusqu’à la saisine du tribunal administratif.

Peut-on être dispensé du TCF pour la naturalisation ?

TCF Naturalisation

L’apport d’une preuve de la maîtrise de la langue française est un passage obligatoire pour obtenir la nationalité française. Mais, cette exigence n’implique pas forcément le passage au TCF Naturalisation.  La loi prévoit des dispenses pour certaines situations particulières : diplôme français, handicap… Voici la liste complète.  Le niveau B2 : le seuil minimum exigé pour devenir français Pour l’administration française, il est impossible d’accorder la nationalité à un ressortissant qui ne parle pas la langue.  Depuis le début de l’année 2026, toute demande de naturalisation doit être accompagnée d’une attestation prouvant le niveau B2 en français du candidat, soit un niveau avancé selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).  Par peur de l’échec, certains requérants cèdent à la tentation de la facilité en achetant de faux diplômes auprès de personnes peu scrupuleuses. Mais, attention ! Les mensonges et l’usage de faux documents entraînent automatiquement le rejet du dossier de demande, voire des poursuites pénales.  En décembre 2024, trois personnes ont été arrêtées à Angers pour avoir facilité la réussite de plusieurs étrangers au TCF Naturalisation en échange de sommes d’argent. Selon les enquêteurs, il s’agissait d’une salariée du Cnam responsable des TCF, de son compagnon et d’un enseignant de 75 ans.  Leur interpellation a permis la saisine de 10 000 euros en espèces et de 200 000 euros en placement. Pour le procureur d’Angers Eric Bouillard, le réseau serait “très actif”. Les diplômes attestant un niveau de Français B2 suffisent pour justifier la maîtrise de la langue Les titulaires d’un diplôme attestant leur maîtrise de la langue française avec un niveau B2 du CECRL n’ont plus besoin de passer le TCF Naturalisation. Il peut notamment s’agir du DELF ou du Test d’Évaluation du Français Intégration, Résidence et Nationalité (TEF IRN). Comme le TCF, le TEF IRN est valide pendant une durée de deux ans et l’examen est composé des 4 épreuves similaires. Ce test s’adresse à toute personne étrangère âgée de 16 ans souhaitant demander une carte de séjour pluriannuelle, une carte de résident ou de naturalisation française. L’attestation de réussite qui en découle est délivrée par la part de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France (CCIP). Le DELF, quant à lui, est valable à vie. Outre la demande de naturalisation, ce document est souvent requis dans le cadre d’une inscription à une université française et constitue un atout professionnel pour travailler en milieu francophone. Les personnes titulaires d’un diplôme national ou d’une certification professionnelle niveau 3 dispensées du TCF Vous n’aurez nul besoin de passer le Test de connaissance du Français (TCF) pour obtenir la nationalité française si vous avez :  Dispense de TCF sous-condition pour les étrangers en situation de handicap ou avec un état de santé fragile Les ressortissants étrangers désireux de devenir français en situation de handicap ou ayant un état de santé fragile sont tenus de présenter un certificat médical pour être dispensés du TCF. Ce document doit préciser que leur état de santé ne leur permet pas d’effectuer le TCF Naturalisation. Le service instructeur se réserve la possibilité de mandater une nouvelle évaluation médicale pour s’assurer que leur état de santé justifie bien l’impossibilité de l’évaluation linguistique.  Exit le TCF Naturalisation pour les réfugiés âgés de 70 ans résidant en France depuis plus de 15 ans  La dispense du TCF Naturalisation concerne également les ressortissants étrangers âgés de plus 70 ans.  Pour être naturalisés, ils devront : Il est important de noter que la régularité du séjour est un critère décisif à l’obtention de la nationalité française. Lors de l’analyse de votre dossier, l’administration française n’examinera pas seulement votre carte de séjour actuelle, mais aussi celles que vous avez eues précédemment.  Comment réussir le TCF Naturalisation ? Si vous ne bénéficiez d’aucune dispense, voici quelques conseils pour passer sereinement le TCF Naturalisation. La clé de la réussite repose avant tout sur une bonne préparation. Familiarisez-vous avec le format du test, entraînez-vous à comprendre des dialogues de la vie quotidienne et à exprimer des idées simples en français. Vous pouvez également améliorer votre niveau en suivant des cours auprès des centres municipaux ou d’associations comme GRETA ou France Terre d’Asile. Les cours proposés sont généralement gratuits ou à des tarifs accessibles à tous.  N’hésitez pas non plus à pratiquer le français au quotidien : écouter la radio, lire la presse, ou échanger avec des francophones améliore naturellement votre aisance. 

L’attestation de comparabilité d’un diplôme étranger toujours valable pour devenir français ?

naturalisation : faire reconnaître un diplôme étranger

La maîtrise du français est un critère décisif dans le cadre d’une demande de naturalisation. Alors qu’une simple attestation de comparabilité suffisait autrefois pour valider un niveau B1, le décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 vient rebattre les cartes. Prouver son niveau de français avec un diplôme étranger Avant le mois d’octobre 2025, la demande de nationalité française des étrangers titulaires d’un diplôme obtenu dans un pays francophone était relativement simple.  Il leur suffisait de demander une attestation de comparabilité auprès d’un centre Enic-Naric pour justifier leur maîtrise de la langue et compléter leur demande de naturalisation.  Pour cela, ils devaient fournir :  La demande s’effectuait en ligne sur la plateforme France Éducation International, son dépôt coûtait 20 euros et son instruction 100 euros.  Décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 : la mesure qui change la donne Porté à l’initiative du Premier ministre François Bayrou, le décret n°2025-648 du 15 juillet 2025 modifiant les dispositions du décret du 30 décembre 1993 chamboule cet équilibre. S’inscrivant dans une politique plus stricte de l’attribution de la nationalité française, ce document durcit le ton sur les conditions d’accès. En plus d’élever le niveau linguistique exigé au B2 et l’introduction d’un examen civique, celui-ci supprime l’attestation de comparabilité d’un diplôme étranger des justificatifs recevables. Même si ces dispositions n’entrent en vigueur qu’au début de l’année 2026, France Éducation International refuse déjà toute demande d’attestation de comparabilité au titre d’une demande de naturalisation depuis le 1ᵉʳ octobre 2025.  Toutefois, l’établissement public français mentionne sur son site que les dossiers déposés antérieurement seront traités dans les meilleurs délais.  Quel test officiel passer pour prouver sa maîtrise de la langue de Molière dans le cadre d’une demande de naturalisation ? Face à cette réalité, le passage à un test d’évaluation linguistique se révèle être la seule option possible pour justifier votre maîtrise du français. Ainsi, si votre diplôme n’est pas reconnu, le TCF reste la voie la plus sûre. Conçu par France Éducation International, ce test de connaissance du français pour l’accès à la naturalisation vise à évaluer le niveau des candidats sur une échelle comprise entre A1 à C2. Il se déroule en 4 tons :  L’inscription se déroule auprès d’un des centres agréés par France Éducation International et coûte entre 90 à 150 euros.  Outre cet examen, le DELF (Diplôme d’Études en Langue Française) et le TEF IRN (Test d’Évaluation du Français Intégration, Résidence et Nationalité). Si le TCF Naturalisation et le TEF IRN ont une validité de 2 ans, le DELF, lui est valable à vie.   

Deal de la Manche : l’accord franco-britannique “one in, one out” appliqué depuis mi-septembre

traversées de la Manche

Entré en vigueur le 05 août 2025 et appliqué en mi-septembre, l’accord franco-britannique sur l’immigration vise à dissuader les traversées périlleuses dans la Manche. Instaurant le principe “one in, one out”, il prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni en échange de l’accueil d’un autre migrant se trouvant dans l’Hexagone.  Augmentation croissante des traversées périlleuses de la Manche Chaque année, des milliers de migrants bravent les eaux glacées de la Manche à bord de frêles embarcations, espérant atteindre les côtes britanniques.  En 2024, plus de 67 000 traversées illégales ont été recensées, la plupart orchestrées par des réseaux de passeurs toujours plus organisés. Un chiffre en constante augmentation, qui illustre l’ampleur du phénomène et sa dangerosité.  Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ces tentatives ont coûté la vie à au moins 355 personnes depuis 2014, avec un record de 85 décès et disparitions en 2024. Une tragédie humaine qui continue de s’aggraver, malgré les dispositifs de contrôle renforcés des deux côtés du détroit.  Au début de l’année 2025, le Royaume-Uni comptait déjà plus de 25 400 migrants arrivés de la Manche sur des petits bateaux.  L’accord franco-britannique de juillet 2025 comme outil de dissuasion Face à la situation, la France et le Royaume-Uni ont décidé d’unir leurs forces.  Lors de la visite d’État du président français Emmanuel Macron à Londres au mois de juillet 2025, les deux pays ont scellé un accord inédit prévoyant un système d’échange de migrants à leurs frontières.  L’objectif est simple : dissuader les traversées illégales et démanteler les réseaux de passeurs.  Les modalités du dispositif “one in, one out” Cet accord franco-britannique repose sur le principe “one in, one out”. Concrètement, le gouvernement britannique pourra arrêter et renvoyer vers la France tout individu arrivant au Royaume-Uni en traversant la Manche en small boat, sauf s’il est éligible à l’obtention d’une protection internationale ou est un mineur non accompagné.  À la suite de quoi, la personne concernée se verra recevoir un visa de 3 mois. Elle devra, par la suite, demander l’asile ou un titre de séjour. Le renvoi se fait dans un délai de 14 jours et les frais de transport sont à la charge du Royaume-Uni. En revanche, les réadmissions en France ne garantissent pas le droit au séjour. Le ministère de l’Intérieur français précise qu’ils relèveront strictement du droit commun.  En contrepartie de ce renvoi vers la France, le Royaume-Uni s’engage à accueillir un migrant se trouvant dans l’Hexagone sous certaines conditions. Le concerné, en plus de n’avoir jamais traversé la Manche, doit :  Le dispositif “one in, one out” appliqué depuis la mi-septembre C’est entre le 18 et le 19 septembre que les premiers exilés du Royaume-Uni ont atterri sur le sol français.  Parmi eux, Ahmed, originaire de Syrie, arrivé à Calais durant le mois d’août 2025. “Il fait froid, nous avons besoin d’une tente, d’un endroit pour dormir. Tous les jours, la police vient et prend tout” a déclaré le trentenaire interviewé par le média Ici.  Le ressortissant relate au média les tragédies rencontrées lors de sa traversée de la Manche à bord d’un Zodiac, un bateau pneumatique de type semi-rigide. “Dans mon bateau, trois personnes sont décédées… Ils ne sont pas morts dans l’eau, mais dans le bateau, parce qu’il y avait trop de monde… Il y avait de l’eau et de l’essence au fond du bateau”a-t-il déclaré.  Une mesure dénoncée par la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme Cette mesure, bien qu’elle ait été approuvée par la Commission européenne, suscite de vives controverses.  La Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) le dénonce comme un texte contraire aux engagements internationaux de l’Hexagone et attentatoire aux droits des personnes migrantes. Elle considère le dispositif “one in, one out” comme un cynique échange d’êtres humains, soulignant le manque de clarté et le caractère discriminatoire des conditions d’entrée au Royaume-Uni. Dans une déclaration datant du 14 octobre 2025, la CNCDH déplore également la complexité des démarches relatives à la demande de transfert vers le Royaume-Uni. “Les requérants doivent remplir un formulaire en ligne, disponible uniquement en anglais, fournir un numéro de téléphone personnel, joindre une pièce d’identité et une photo. Sans smartphone, la tâche s’avère complexe” peut-on lire dans le document.  De son côté, le Premier ministre britannique Keir Starmer se réjouit de cet accord. “C’est le résultat de mois de diplomatie adulte qui a produit de vrais résultats pour le peuple britannique” a-t-il expliqué. Il promet également l’intensification du processus.

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